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Lettres d'Emilio Grasso

 


LETTRE aux confirmÉs


de la PAROISSE SAGRADO CORAZÓN DE JESÚS



Tout récemment, après trois années de préparation, 111 jeunes de la paroisse Sagrado Corazón de Jesús d'Ypacaraí ont reçu le sacrement de la Confirmation. Cette année aussi, Emilio a voulu écrire une lettre à chacun des jeunes confirmés pour les inviter à faire grandir leur engagement pour l'Église, en le concrétisant dans les différents services. La lettre s'inscrit dans le cadre d'une catéchèse qui, au fil des années, a mis en évidence, en paroles et en actes, cette vérité selon laquelle l'Église vit si les chrétiens s'y engagent et sont de vrais témoins de Jésus.

 


Ypacaraí, le 2 janvier 2012


Cher ami,

Par le sacrement de la Confirmation que tu viens de recevoir, tu as atteint l'âge adulte et tu es devenu membre actif de l'Église. En effet, en recevant l'Esprit Saint, tu t'es uni plus fermement au Christ, en perfectionnant en même temps ta relation avec l'Église.

 Dans son dernier voyage apostolique en Allemagne, le pape Benoît XVI a posé le problème de l'éloignement croissant d'une partie importante des baptisés de la vie de l'Église et d'un certain déclin de la pratique religieuse.

À moins d'être aveugles, nous devons admettre que ce phénomène existe aussi dans notre pays. Les temps changent rapidement et nous ne devons pas cultiver l'illusion que, parmi nous, tout marche bien.

Vous qui m'avez écouté avec attention et patience ces années, vous n'êtes pas sans savoir combien j'ai ridiculisé des réponses comme celles-ci : "Tout va bien... Spectaculaire... Splendide... Excellent... etc.".

Dans la plupart des cas, il s'agit de fausses réponses, qui essaient de nier la réalité, ou de réponses superficielles qui ne veulent pas voir la vraie réalité d'une situation que l'on vit.

En tout cas, il s'agit de réponses qui manipulent la vérité et vous laissent dans l'esclavage du mensonge.

Seule la vérité nous rend libres, nous enseigne l'Évangile selon saint Jean.

 J'ai toujours répété que nous ne devons pas avoir peur de la vérité, mais plutôt la rechercher, la servir et l'aimer dans tous ses aspects.

Pour revenir sur les paroles du Pape, nous ne devons pas avoir peur de lire le phénomène de l'éloignement d'une partie des baptisés de la vie de l'Église, même dans notre Paraguay.

Certains se dupent eux-mêmes en voyant la foule de personnes qui se rassemblent lors de certaines occasions, comme les jours prévus pour la neuvaine de la Vierge de Caacupé.

Être chrétien ne consiste pas à participer à une manifestation religieuse, à garder une image sacrée dans la poche, à allumer une bougie, à être présent aux funérailles ou à une veillée de prière, à se rappeler la fête patronale... Cela, nous l'avons répété plusieurs fois.

Nous sommes de vrais disciples du Seigneur et nous vivons le sacrement de la Confirmation, que nous avons librement reçu, quand nous n'avons pas honte du Seigneur et de Sa parole dans le monde où nous vivons (cf. Mc 8, 38), et nous n'avons pas honte non plus de témoigner du Seigneur et de souffrir pour l'Évangile (cf. 2Tm 1, 8).

Après des années de préparation durant lesquelles vous avez écouté tant de discours et, à la fin, vous avez proclamé votre foi et votre volonté libre d'être les disciples missionnaires du Seigneur, le temps est venu de mettre en pratique la parole entendue et de donner une réponse concrète qui vous engage dans cette même parole.

Le Saint-Père Benoît XVI, à qui on demanda s'il ne fallait pas changer l'Église, en raison de l'éloignement d'une partie importante des baptisés, a répondu en racontant cet épisode :

 "À la bienheureuse Mère Térésa, il fut demandé un jour de dire quelle était, selon elle, la première chose à changer dans l'Église. Sa réponse fut : vous et moi ! Ce petit épisode nous rend évidentes deux choses. D'une part, la religieuse entend dire à son interlocuteur que l'Église n'est pas uniquement les autres, la hiérarchie, le Pape et les Évêques ; l'Église, nous la sommes tous : nous, les baptisés. Par ailleurs, elle part effectivement du présupposé : oui, il y a motif pour un changement. Il existe un besoin de changement. Chaque chrétien et la communauté des croyants dans son ensemble, sont appelés à une conversion continuelle. ... Il ne s'agit pas ici de trouver une nouvelle stratégie pour relancer l'Église. Il s'agit plutôt de déposer tout ce qui est uniquement tactique, et de chercher la pleine sincérité, qui ne néglige ni ne refoule rien de la vérité de notre aujourd'hui, mais qui réalise pleinement la foi dans l'aujourd'hui, la vivant justement, totalement dans la sobriété de l'aujourd'hui, la portant à sa pleine identité, lui enlevant ce qui est seulement apparemment foi, mais qui n'est en vérité que convention et habitude" (cf. Benoît XVI, Rencontre avec les catholiques engagés dans l'Église et la société, Freiburg, Salle de concert, 25 Septembre 2011).

Cher ami,

Notre Église Sagrado Corazón de Yesús, qui t'a accompagné ces années durant, jusqu'au moment où tu as reçu le sacrement de la Confirmation, attend de toi maintenant ta collaboration et ton aide afin qu'elle puisse devenir toujours davantage missionnaire, annonçant jusqu'aux extrémités de la terre la bonté et l'amour du Seigneur.

Le Concile Vatican II a déclaré:

"On peut légitimement penser que l'avenir est entre les mains de ceux qui auront su donner aux générations de demain des raisons de vivre et d'espérer" (Gaudium et spes, 31).

Pour avoir reçu le sacrement de la Confirmation, nous sommes désormais appelés à "donner des raisons de vivre et d'espérer".

Si nous répondons "non" au Seigneur qui nous appelle à bâtir son Église en tant qu'unique lieu historique de salut et d'espérance, lieu où nous nous rassemblons pour rencontrer, célébrer et transmettre les raisons de notre vie et de notre espérance, alors, notre foi commence lentement à s'affaiblir et à mourir par la suite.

En effet, "la mission est précisément la mesure de notre foi en Jésus Christ et en son amour pour nous" (Redemptoris missio, 11).

Ce n'est qu'en transmettant la foi que notre foi se fortifie et progresse.

Le sacrement de la Confirmation que nous avons reçu nous appelle à participer activement à la mission de l'Église.

 Cher ami,

Je conclus cette lettre avec les paroles de l'apôtre Jacques :

"Qui écoute la Parole sans la mettre en pratique ressemble à un homme qui observe sa physionomie dans un miroir. Il s'observe, part, et oublie comment il était. Celui, au contraire, qui se penche sur la Loi parfaite de liberté et s'y tient attaché, non pas en auditeur oublieux, mais pour la mettre activement en pratique, celui-là trouve son bonheur en la pratiquant" (Jc 1, 23-25).

En mettant en pratique la parole du Seigneur dans les différents ministères liturgiques, d'éducation et de formation, de charité, d'organisation des différentes œuvres, expression de notre foi et de notre espérance, que tu puisses rencontrer le rêve de ta jeunesse que Dieu a placé dans ton cœur, et avoir le courage de le réaliser !

Je prie pour que tu aies une vie belle et heureuse, et que personne, à partir de toi, ne doive jamais pleurer pour ton échec dans la vie.

Je te bénis avec une grande amitié.


  
(Traduction de l'espagnol par Franco Paladini)

 

 

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