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À la suite du Christ


Parcours anciens et nouveaux de la vie consacrée




Emilio GRASSOÀ la suite du Christ. Parcours anciens et nouveaux de la vie consacrée, Centre d'Études Redemptor hominis ("Cahiers de Réflexion" 4), Mbalmayo (Cameroun) 2001, 80 pp.

Ce numéro de la collection "Cahiers de Réflexion", publiée par la Communauté Redemptor hominis au Cameroun, présente les exigences anciennes et toujours nouvelles de la suite du Christ.

Pour tout chrétien, Jésus Christ n’est pas seulement le Fils de Dieu, digne d’adoration, mais il est en même temps une voie, un chemin à suivre. Le radicalisme de ce chemin est confié, d’une manière éminente, au témoignage des personnes consacrées.

Ce témoignage atteste que, pour Le connaître, Le comprendre, L’aimer, il faut Le suivre. C’est ainsi que suivre le Christ pauvre, chaste et obéissant est, depuis deux mille ans, la vocation de ceux qui, au sein du peuple de Dieu, en ont reçu le charisme et la mission.

Cette sequela Christi n’est pas un acte de notre vie morale. C’est plutôt un acte théologal, une affirmation existentielle de notre foi, une confessio Trinitatis (Vita consecrata 21), confession visible de la Trinité, une proclamation de la beauté qui nous attire plus que toute autre chose et qui engendre une nouvelle vie personnelle et communautaire.

Les problèmes que connaît la vie consacrée sur le vieux continent et les difficultés avec lesquelles elle est aux prises dans les jeunes Églises ne doivent pas être considérés comme une crise de son identité, de sa signification et de ses contenus, mais plutôt comme une crise de personnes et de communautés qui peinent, concrètement, à suivre  le Christ.

La sequela demande toujours "d’entrer par la porte étroite". Cette porte n’est pas un lieu, mais c’est la personne du Christ qui nous invite à franchir le seuil, en accomplissant un choix décisif par rapport à lui. Il est la porte qui ne nous introduit pas dans une vie de tranquillité, de succès, de consensus, de paix apparente. Au contraire, au-delà de cette porte nous attendent le conflit, la lutte, l’échec, la séparation douloureuse d’avec ce qui nous est cher, à commencer par nous-mêmes.

Ce discours veut évoquer l’horizon ancien, mais toujours actuel de la vie consacrée.

D’où l’intérêt de ce Cahier dont l’auteur, Emilio Grasso, veut rappeler les parcours fondamentaux, inéluctables de la sequela, tout en les exprimant à la lumière de perspectives pour le monde d’aujourd’hui.

Les articles de ce Cahier développent plusieurs thèmes fondamentaux. Un des sujets proposés considère l’univers des jeunes. Dans l’article Former les jeunes à l’évangélisation, l’auteur aborde un thème relatif à l’un des défis les plus inquiétants auquel doit faire face la vie consacrée, bien que de manières différentes selon les continents : celui de la formation, ou mieux (selon la terminologie préférée de l’auteur), de l’accompagnement des jeunes.

Avec son art pédagogique et sa profondeur théologique, Emilio Grasso offre au lecteur des intuitions et propose des réflexions d’une grande actualité. L’approche tend à une rencontre avec les jeunes sans prétendre les faire "entrer" dans une "forme" préétablie, dans un vêtement déjà confectionné et cousu que le jeune n’aurait qu’à enfiler. L’art de l’éducateur ne consiste pas à faire plier le jeune à des modèles connus et rodés, mais plutôt à libérer en lui l’homme "caché", à réveiller sa conscience et sa liberté profondes. Suivant cette vision, les instituts religieux peuvent élaborer une pastorale des vocations renouvelée, capable de faire face aux défis du troisième millénaire et d’interpeller le jeune sur le sens profond de sa vie, en suscitant en lui le courage de choix radicaux.

Un autre thème de ce recueil, constamment présent, est celui de l’identité de la vie consacrée, de sa mission prophétique et eschatologique.

L’auteur adresse aux personnes consacrées un appel fort à ne pas succomber aux modes du temps (et chaque culture a les siennes), en atténuant les exigences radicales, le scandale et la folie du message évangélique. C’est un appel à résister à la tentation de se contenter de remplir des rôles consolateurs qui ne font que cacher la peur de soutenir des vérités inconfortables, de témoigner du sens de sa vocation, la peur de la solitude, du conflit et de la croix.

Les personnes consacrées sont appelées, dans la fidélité à leur charisme, à être les veilleurs, les sentinelles qui scrutent la nuit, dans l’attente des lueurs de l’aurore. L’article intitulé La nuit de la vie consacrée. Valeurs théologiques et spirituelles nous offre une belle et profonde méditation spirituelle sur le temps de la "nuit" que la vie consacrée est appelée à vivre. Au fond, la nuit, en elle-même, est tout le temps qui succède à la luminosité du matin des origines et qui se poursuit jusqu’à l’avènement de la splendeur du dernier jour. Au cœur de cette nuit-là, les personnes consacrées sont appelées à exercer leur fonction prophétique, à discerner les étoiles de la nuit et les lueurs de l’aube, sans illusions, ni raccourcis, sans confondre la nuit et le jour, mais forts de la foi et de l’espérance que le jour viendra.

Lié au thème de la nuit, Emilio Grasso propose celui de la mémoire. À une époque d’oubli, d’amnésies culturelles, les personnes consacrées, plus que tout autres, peuvent constituer une thérapie de la mémoire. L’article Purifier la mémoire. De la mémoire de l’homme à la mémoire de Dieu rappelle cette fonction de la vie consacrée. Pour les instituts, la memoria Dei est mémoire du charisme de fondation ; elle en est la réactualisation continuelle dans un processus de fidélité créative. C’est à cette mémoire que doit s’appliquer l’intelligence de la réflexion et que doit s’unir le courage de la volonté, avec la conviction que la vie spirituelle de l’institut et de ses membres restera toujours dépendante de la source dont l’eau jaillit aux origines.

Le thème de la mémoire introduit au thème de la contemplation qui occupe une place de choix dans ce recueil. L’aspect mystique et contemplatif représente la dimension fondamentale de la vocation religieuse. La contemplation n’est jamais désengagée, elle n’est jamais stérile, elle conduit à la véritable action apostolique, car elle rend capable de transmettre la présence de Dieu perçue dans l’expérience personnelle et d’opérer une transformation historique de la vie. Tel est le sens de l’article intitulé Religieux demain, mystiques dans l’histoire. Cet article, qui termine le recueil, se rattache à la réflexion initiale introduite par l’article qui ouvre ce Cahier : Contemplatif en action (Redemptoris missio 91) : Marie-Madeleine, figure de l’Église en mission.

Seul celui qui a contemplé l’amour est le vrai "missionnaire", celui qui peut aller, libre, sur les routes du monde pour annoncer, pour donner l’espérance aux pauvres sans les exploiter ou en faire des objets au service de sa réalisation personnelle. C’est Marie-Madeleine, celle qui est amoureuse de Jésus, qui ouvre la voie à l’Église ; elle est la femme que le Ressuscité envoie en mission et qui, sur les routes du monde, pauvre d’elle-même, mais riche de l’Époux, apporte la joie et la libération.

Ce Cahier propose, au-delà et en chacun des sujets traités, la beauté antique et nouvelle de la vocation religieuse, de la suite du Seigneur. Une beauté dont le monde a soif et dont l’Afrique a besoin. La beauté peut sans doute sembler un produit de luxe dans un contexte, tel que l’Afrique, où il y a besoin de choses bien plus matérielles et essentielles, où l’on est entouré de grandes misères, de profondes injustices et d’immenses contradictions qui constituent plutôt un violent rappel à l’engagement, à l’activité, aux efforts et aux services.

Mais c’est alors que nous arrivons au cœur de la vocation religieuse. Loin de favoriser la passivité, elle nous renvoie fortement aux vraies racines de l’engagement, au sens de toute activité apostolique. Si l’on ne vit pas l’attrait pour la beauté divine, un lien personnel avec le Christ, tout service accompli reste sans âme et tous les efforts sans fécondité. L’engagement ne serait fondé que sur soi-même et inévitablement voué à la déception, au découragement et, à la fin, à l’abandon de la mission.


   

TABLE DES MATIÈRES


SIGLES

4

PRÉFACE

5

« CONTEMPLATIF EN ACTION » (RM 91) :  MARIE-MADELEINE,

 

FIGURE DE L’ÉGLISE EN MISSION

11

FORMER LES JEUNES À L’ÉVANGÉLISATION

23

PURIFIER LA MÉMOIRE

37

LA NUIT DE LA VIE CONSACRÉE AUJOURD’HUI

49

RELIGIEUX DEMAIN : MYSTIQUES DANS L’HISTOIRE

62

 


 





 

 

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