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TRÈS CHERS AMIS...

Thèmes choisis de spiritualité



Emilio GRASSO, Très chers amis… Thèmes choisis de spiritualité. Sélection des lettres aux jeunes en formation de la communauté "Redemptor hominis", Centre d’études "Redemptor hominis", Mbalmayo 2000, 242 pp.

Ce texte édité par notre Centre d’études Redemptor hominis de Mbalmayo, est tiré du patrimoine des divers écrits adressés aux jeunes en formation par notre Fondateur, le P. Emilio Grasso.

Il est né de notre désir de partager cette richesse avec tous ceux qui relèvent les défis de la formation à la vie consacrée, ce domaine de la vie de l’Église en Afrique plein d’espoir, mais aussi de difficultés.

Combien de fois, en effet, comme professeurs dans les contextes académiques ou dans les sessions de formation pour les religieux en Afrique, nous avons remarqué une grande soif d’outils capables d’allier tradition de l’Église et formation dans le contexte actuel, pour des jeunes si imperméables à un langage sur Dieu qui ne part pas de l’homme et d’un dialogue avec lui.

Sachant que tout don reçu sert à l’édification de l’Église entière, nous avons voulu partager et proposer à tous les formateurs, et directement aux jeunes mêmes, ce texte sous forme de lettres, qui était réservé à un usage privé.

Le critère de la sélection a été celui de choisir les lettres qui abordaient d’une manière plus systématique, en guise de traité simple à la spiritualité profonde, des thèmes fondamentaux pour la première formation et pour la formation des jeunes consacrés déjà incorporés dans les Instituts.

Un coup d’œil aux titres donnés aux lettres nous fait comprendre qu’elles embrassent, sans aucune prétention d’exhaustivité, de nombreux thèmes classiques de la spiritualité de la vie consacrée, tels que la chasteté, comme relation et donation totale, l’obéissance et la liberté, la pauvreté et la mise en commun des biens, la vie communautaire, la prière, les règles de lecture de l’Écriture Sainte, le travail, la mission… On aborde aussi quelques thèmes plus épineux, comme les règles de la croissance spirituelle, du dialogue authentique, du combat spirituel, de l’équilibre entre le corps et l’esprit, les maladies spirituelles, les passions, les adversités, la tiédeur, la jalousie, etc.

Je voudrais insister sur le fait que ce texte n’est pas né d’un plan préétabli. Sa richesse est dans le contexte vital qui l’a inspiré. Les textes sont simples dans leur style littéraire, sans jamais pour autant tomber dans la banalisation des problèmes. Bien au contraire, les jeunes sont invités et stimulés à situer objectivement les difficultés dans la fresque de l’expérience millénaire des générations chrétiennes, à approfondir les règles du combat spirituel et, pour bien le mener et le vaincre, à étudier la richesse de la tradition monastique et patristique, source principale de ces lettres, avec l’Écriture Sainte.

Après avoir souligné quelques aspects qui nous permettent de nous situer aisément par rapport au contenu du texte, il est nécessaire aussi de mettre en exergue quelques points de son originalité.

L’empreinte particulière du P. Emilio Grasso n’échappera pas à nos lecteurs : la vigueur et la force, mues par la profonde confiance avec laquelle il s’adresse aux jeunes en leur montrant le radicalisme et la beauté de leur vocation.

Dans le contexte africain surtout, il y a lieu de remarquer la primauté qu’il attribue à une formation spirituelle solide par rapport à la formation intellectuelle, fort recherchée, d’ailleurs, en Afrique en vue de l’obtention de titres d’étude. Cette insistance sur l’obtention des titres, disais-je, touche parfois aussi la vie religieuse et marque une tendance à sa cléricalisation.

C’est pour cela que le P. Emilio souligne l’importance d’un équilibre entre “étude et vie monastique” et la nécessité de ne rechercher aucun titre de gloire en dehors de celui du Christ crucifié (cf. Ga 6, 14). Cela pour tirer au clair, surtout dans la première formation, les raisons les plus profondes de la vie qu’on a librement choisie et qui doit représenter un moment de rupture, de scandale et de folie par rapport aux critères ambiants.

Ce sera seulement après avoir mis des racines religieuses profondes que d’autres études pourront être abordées, quand le service du prochain le demande.

La formation – soulignent ces lettres – est donc avant tout approfondissement de la relation d’amour, de la connaissance du visage choisi et aimé. La question “pour qui fais-je cela ?” est le problème fondamental de la “philosophie monastique” (cf. p. 51). De sa réponse, qui comble et détermine toute la vie de la personne, dépend la réussite ou l’échec de la formation et de la vie consacrée tout entière.

Ce thème de la relation et du Visage de l’Amour traverse toutes les lettres en leur donnant une empreinte dynamique : chaque thème et problème doit se mesurer avec l’authenticité de l’expérience de la relation vécue, que ce soit la prière, qui devient rencontre “seul à seul” et ensuite mémoire agissante, ou le travail, qui appelle l’homme à réaliser sa ressemblance et son amitié avec Dieu, ou la mission.

C’est l’approfondissement de la relation qui conduit aussi à l’authentique conscience du péché comme rupture de cette relation. Le thème du combat spirituel dépasse ainsi pour les jeunes toute tonalité moralisante pour leur faire découvrir les raisons de la fidélité à la personne aimée et à soi-même.

Après le soin de l’intériorité et de la relation fondamentale, nous signalons dans ces lettres la triade “intériorité, communauté, peuple” (cf. p. 99). Cette triade souligne la profonde implication réciproque ou, en osant le terme de la théologie trinitaire, la “circumincession” entre les différentes dimensions de la formation : personnelle, communautaire et ecclésiale.

La communauté est le lieu où l’intériorité et la relation s’épanouissent, elle est “l’école de charité”, comme la définit saint Bernard (cf. p. 91). La vie religieuse marche aussi au milieu du peuple de Dieu : elle en est la “tranchée la plus avancée” et participe à ses joies, à ses souffrances et à son effort de libération, particulièrement des pauvres et des jeunes (cf. p. 25).

Un dernier aspect que je voudrais souligner est le thème de l’unité dans la diversité sur lequel les lettres reviennent souvent.

Construire cette communion à l’image de la Trinité, en être le signe et l’avant-goût est la tâche primordiale de la vie consacrée, comme Jean-Paul II l’a mis en lumière dans son exhortation apostolique Vita consecrata (cf. nn. 17-21).

Ces lettres, écrites pour un Centre de formation à la vie consacrée inséré en milieu africain, expriment en priorité les exigences de ce contexte, mais elles ouvrent à la dimension universelle aussi, au second moment du processus d’inculturation, qui est un processus bidirectionnel, un dialogue d’amour qui demande une réponse. Dans ce dialogue avec le Seul Nécessaire, la communauté religieuse est appelée à devenir un reflet de l’Église “seul troupeau de Dieu, comme un signe levé à la vue des nations” (Unitatis redintegratio, 2). Dans un monde et un continent déchirés par les conflits, la vie consacrée devient ainsi signe d’une fraternité nouvelle, miroir d’une Église-famille qui dépasse toute limite de l’espace et du temps.

 

Antonietta Cipollini

   

Table des matières

Abréviations

 6

Préface

7

Les conditions d’écoute

15

La liberté de choix

25

Étude et vie monastique

 35

Marie et le monachisme des pezzenti  (les gueux)

45

La vie monastique comme philosophie

51

Écriture sainte et expérience

57

Écriture sainte et règles de lecture

 65

Écriture sainte et communauté

81

La communauté, école de charité

 91

Intériorité - communauté – peuple

 99

Communion des biens et union des cœurs

107

Communauté de vie et de culture

 115

Lecture biblique - prière – action

 123

La prière comme dialogue et mémoire

127

La prière, relation " seul à seul "

 131

Prière et politique

 139

" La gloire de dieu, c’est l’homme vivant "

 143

Voir - juger – agir

147

Rationalité et rationalisme

 153

Logique et maladie du cœur

159

L’équilibre entre le corps et l’esprit

 167

Spiritualité du travail

 171

La responsabilité

 179

Règles de la croissance spirituelle

187

Le combat spirituel

 203

Les logismoi, les passions

 207

La tiédeur

 215

Envie et jalousie

221

Les adversités

227

La parrèsia, la liberté de tout dire

233

Bibliographie

237

 

 

 
 

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