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CE SONT DES AFRICAINS QUI ONT ÉVANGÉLISÉ DES AFRICAINS/1

Catéchèse et transmission de la foi 


Cohérence de vie, dialogue avec les adolescents, les enfants et les diverses instances éducatives, catéchèse des familles, inculturation et évangélisation des cultures : voilà quelques clés spirituelles et pastorales qu’Emilio avait communiquées à l’occasion d’une rencontre avec les catéchistes d’Obeck, lors de son dernier voyage. Au début de la nouvelle année pastorale, les propos de cette rencontre ont été repris pour la session de formation des nouveaux catéchistes. L’échange actualisé sur ces thèmes a été fructueux et c’est pour cela que nous les présentons aujourd’hui. 

 

 

Le secret de la catéchèse

La règle d’or, le secret et la leçon primordiale de la catéchèse est la vie du catéchiste. Ce thème fondamental de la relation entre le témoignage de vie et la transmission de la foi[1], peut être illustré par beaucoup d’exemples concrets.

Le témoignage du catéchiste commence par les choses les plus simples - telles que la ponctualité, la fidélité et la régularité aux rencontres, la manière digne de s’habiller – pour arriver ensuite aux vertus chrétiennes les plus spirituelles.

Les enfants observent beaucoup les adultes et ils cherchent tout d’abord des modèles à imiter, ils n’ont pas besoin de paroles vides, contredites par la vie et les comportements.

Cela vaut pour tous les éducateurs, notamment en église : pour le prêtre et les religieux engagés dans la formation, pour les catéchistes, les enseignants et les parents.

Cette règle d’or de la cohérence de vie demeure pour tous les catéchistes un rappel fort et clair qui les a accompagnés tout au long de l’Année de la foi : la transmission de la foi se réalise, en effet, de personne à personne; elle est possible seulement à partir de personnes qui croient en ce qu’elles disent et mettent donc en pratique la Parole qu’elles annoncent.

Le texte choisi pour l’approfondissement a été celui de l’Exhortation apostolique Africae munus, où Benoît XVI affirme :

“Chers catéchistes, souvenez-vous que, pour un grand nombre de communautés, vous êtes le visage concret et immédiat du disciple zélé et le modèle de la vie chrétienne. Je vous encourage à proclamer, par l’exemple, que la vie familiale mérite une très grande considération, que l’éducation chrétienne prépare les enfants à être, dans la société, honnêtes et fiables dans leurs rapports avec autrui[2].

Emilio avait insisté, en ce sens, sur l’importance de l’exemple des catéchistes, mais aussi sur leur proximité et sur le partage de la vie des enfants et des adolescents dont ils connaissent, mieux que leur curé, les difficultés vécues dans les familles. Les catéchistes ont retenu l’importance d’instaurer de plus en plus avec les enfants et les adolescents un dialogue dans un climat de confiance, surtout concernant les thèmes les plus difficiles à débattre en famille.

Inculturation et évangélisation des cultures

Le rôle des catéchistes demeure donc essentiel. L’importance du travail des catéchistes ressort plus particulièrement de leur participation vitale à la même culture des personnes en formation chrétienne, par le partage de la souffrance et de l’espérance du même peuple.

Les catéchistes, notamment en Afrique, sont donc “de précieux agents pastoraux dans la mission d’évangélisation[3] qui œuvrent pour une profonde inculturation de l’Évangile. C’est au Cameroun, à Yaoundé, que Benoît XVI avait rappelé, à propos des catéchistes, que “ce sont des Africains qui ont évangélisé des Africains[4].

Ensuite, en remerciant les catéchistes pour leur amour à l’Église, le Pape a ajouté que ce rôle important joué dans le passé reste essentiel pour le présent et le futur de l’Église[5]. Benoît XVI a invité pour cette raison les évêques et les prêtres “à prendre soin de la formation humaine, intellectuelle, doctrinale, morale, spirituelle et pastorale des catéchistes[6].

Emilio, en lisant et en approfondissant cette invitation, avait souligné l’aspect de la formation spirituelle : les catéchistes doivent approfondir une connaissance de l’Évangile et leur amour personnel pour Jésus Christ, puisqu’il y a un lien essentiel entre connaissance et amour. S’ils veulent transmettre les vérités de la foi en Jésus Christ, ils sont donc appelés à communiquer en même temps un amour vécu à Sa Personne.

C’est un processus de conversion, de mort à soi-même et de renaissance en Jésus Christ auquel le catéchiste est appelé. Il pourra le réaliser en entrant toujours davantage dans l’unique histoire de salut, en se nourrissant de la parole de Dieu, pour assumer les critères de jugement de l’Évangile, en laissant que ces derniers purifient sa culture et sa propre manière de voir et de vivre.

On peut dire que le catéchiste doit, d’un côté, inculturer l’Évangile, mais, d’autre part, il doit laisser, dans un mouvement bidirectionnel, que sa vie et sa culture soient évangélisées. Il ne pourra pas, par exemple, ériger “la coutume” en critère intouchable ou bien justifier des mentalités qui sont contraires à l’Évangile, au nom de la tradition.

Les catéchistes, par des exemples concrets de leur vie et de leur tradition, ont bien saisi que l’Évangile ne se borne pas à une sorte de vernissage des cultures ; ils doivent donc être prêts à un travail d’approfondissement et de remise en question personnelle et culturelle, notamment dans les domaines de la défense de la personne humaine et de sa dignité, points fort sensibles dans la formation des enfants et des adolescents.

Il est nécessaire de soutenir les catéchistes dans cet engagement pour une nouvelle évangélisation qui se situe de manière critique entre le passé et le futur. Il s’agit, en effet, de développer la rencontre de l’Évangile avec les anciennes cultures, mais surtout avec les problématiques des nouvelles cultures[7] qui influencent, elles aussi, les enfants et les adolescents.

Antonietta Cipollini

(À suivre)

 

________________________

[1] Cf. E. Grasso, La formación del Catequista. Fundamentos espirituales-teológicos–prácticos, Centro de Estudios Redemptor hominis (Cuadernos de Pastoral 19), San Lorenzo (Paraguay) 2008, 27ss.

[2] Cf. Benoît XVI, Exhortation apostolique post-synodale Africae munus (19 novembre 2012), n. 127, in www.vatican.va (dorénavant Africae munus).

[3] Cf. Africae munus, n. 125.

[4] Cf. Benoît XVI, Discours aux membres du Conseil spécial pour l’Afrique du Synode des Évêques (Yaoundé, 19 mars 2009).

[5] Cf. Africae munus, n. 125.

[6] Cf. Africae munus, n. 126.

[7] Cf. Message au peuple de Dieu de la XIII Assemblée générale ordinaire du Synode des Évêques, 26 octobre 2012, n. 13.

 

21/11/2013


 

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