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Vie de la paroisse d'Obeck-Mbalmayo  

 

 

Croyons en l'Amour !

Nous proposons l'homélie prononcée par le p. Franco Paladini lors de
son
installation comme curé à la paroisse Bienheureuse Anwarite
d'Obeck (Mbalmayo).

 


Très chers Amis,

Une immense joie habite mon cœur aujourd'hui : la joie des grandes fêtes... Avec l'installation d'un curé en effet, c'est un nouveau pacte d'amitié qui est scellé entre ce dernier et la paroisse. C'est un peu comme un mariage qui est célébré aujourd'hui à Obeck. J'en veux pour preuve le déploiement hors norme des représentants les plus éminents de ma famille d'origine, la Communauté Redemptor hominis, et de ma belle-famille, le diocèse de Mbalmayo et la paroisse d'Obeck.

C'est un grand honneur pour moi d'avoir été désigné par notre jeune et cher Évêque et par les responsables de ma communauté Redemptor hominis pour concrétiser cette nouvelle alliance avec ce peuple important, fier et merveilleux de la paroisse d'Obeck.

Peuple d'Obeck... O... bec... un peuple au bec dur et tranchant, mais en même temps au cœur grand, fascinant et varié comme l'arc-en-ciel. Un seul cœur, beaucoup de couleurs !

Merci à vous tous, peuple d'Obeck, car ce que je suis aujourd'hui, je le dois en grande partie à chacun de vous, à vos conseils, à vos prières, à vos corrections, à vos encouragements ; en un mot à votre amour qui jamais ne s'est éteint pendant toutes ces années.

Ma pensée va naturellement au p. Emilio, fondateur de la Communauté Redemptor hominis. Je lui dis infiniment merci pour avoir accepté de supporter un véritable martyre de la patience avec moi ; il a toujours cru en moi, même dans les moments obscurs, difficiles et arides de mon cheminement spirituel. Rien n'est vraiment impossible à Dieu. Il m'a toujours appris la vérité sur moi-même ; il m'a enseigné à ne pas me considérer comme un surhomme et à croire que, comme tout mortel, je ne suis qu'un pauvre type, un pauvre type qui néanmoins ne se fatigue jamais d'aller toujours de l'avant en croyant que l'homme peut tout par Celui qui lui donne la force. "Je puis tout par celui qui me fortifie" (Ph 4, 13).

En invoquant donc l'esprit d'intelligence et de force de celui qui peut tout, je m'apprête à partager avec vous le pain de la Parole d'aujourd'hui. Je m'arrêterai juste sur quelques versets de l'Évangile que j'espère savoureux et nourrissant pour votre esprit.

Il s'agit précisément de l'image tirée de la parabole racontée par Jésus où il est question d'un enfant qui, après avoir initialement dit "non" à l'invitation de son père d'aller au travail, il se repent par la suite et y va quand même.

C'est l'histoire d'un enfant qui initialement se présente comme un insolent, un vantard et un orgueilleux, mais qui finit par devenir bon, obéissant et même sympathique à nos yeux.

Jésus, en nous proposant cette histoire toute simple, ne donne aucune explication psychologique du comportement. Il nous montre simplement quelqu'un qui change et qui se convertit. C'est vraiment une bonne nouvelle pour nous tous.

Le monde moderne, ainsi que le monde traditionnel, avec ses idéologies et ses manières de penser, tente de nous faire croire que nous sommes conditionnés et comme définitivement enfermés par des déterminismes qui nous enlèvent toute responsabilité et toute liberté.

Ne dit-on pas souvent dans le langage de chaque jour : "On m'a enfermé dans la bouteille", "On m'a attaché", "Bengatindi ma", "On m'a jeté un sort", "Bengandaman ma"... quand on ne consulte pas les horoscopes et les devins pour connaitre ce qui est déjà écrit à notre sujet ? Ne dit-on pas aussi dans les bureaux et même dans les hautes sphères : "Je ne peux rien faire, car j'ai hérité d'une situation désastreuse ?".

C'est tellement avantageux et commode de mettre nos échecs, nos déficiences sur le compte du sorcier, de la société, de nos prédécesseurs, des étrangers, de notre tempérament, du milieu familial où nous avons grandi... des autres en somme !

Jésus au contraire nous ramène aujourd'hui comme toujours à notre responsabilité en nous répétant que les jeux ne sont pas faits d'avance. Quel que soit notre passé, quels que soient nos refus précédents... un changement est toujours possible.

Jésus est celui qui, jamais, n'enferme quelqu'un dans son passé ; Jésus donne sa chance à tout homme, même au plus pécheur.

Dieu ne nous voit pas "figés", mais en devenir. Dans nos difficultés actuelles, Il voit, Lui, l'homme nouveau qui va peut-être en naître.

Merci, Seigneur, pour cette espérance que tu mets en nous. Merci, Seigneur, pour les espaces de liberté et d'engagement qui s'offrent ainsi à chacun de nous.

Seigneur, merci du don de la conversion et du changement. J'enseignais autrefois les mathématiques et les sciences physiques, tu m'as donné la possibilité d'annoncer la Bonne Nouvelle ; j'étais autrefois curé ou vicaire, tu m'as appris avec patience et tu m'appelles aujourd'hui à devenir pasteur.

Aide-moi, Seigneur, dans mon nouveau ministère à me convertir à ta Parole chaque jour, à écouter la soif d'infini enfoui au fond du cœur des personnes que je rencontrerai, à ne pas figer les gens... à ne pas les étiqueter définitivement, mais à leur donner une chance pour un renouveau, pour qu'ils aient une vie belle et heureuse.

Que sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, patronne universelle des missions dont nous célébrons la mémoire liturgique aujourd'hui, m'aide et m'accompagne dans cette noble tâche.

Thérèse de l'Enfant Jésus est sainte car elle aussi a expérimenté, comme l'enfant de la parabole de l'Évangile, la joie de la conversion et du changement intérieur. En entrant dans la vie religieuse, elle aspirait aux plus grandes œuvres et prouesses : au martyre, à la mission, à la prophétie, mais elle n'y arrivait pas. Son cœur était profondément inquiet, car elle ne savait pas comment les réaliser dans sa modeste vie entre les quatre murs de son petit couvent. Et cela, jusqu'au jour où la Grâce l'a visitée.

Elle écrit à ce propos : "... La charité me donna la clé de ma vocation. Je compris que si l'Église avait un corps, composé de différents membres, le plus nécessaire, le plus noble de tous ne lui manquait pas ; je compris que l'Église avait un Cœur, et que ce Cœur était brûlant d'amour. Je compris que l'Amour seul faisait agir les membres de l'Église, que si l'Amour venait à s'éteindre, les Apôtres n'annonceraient plus l'Évangile, les Martyrs refuseraient de verser leur sang... Je compris que l'amour renfermait toutes les vocations, que l'amour était tout, qu'il embrassait tous les temps et tous les lieux... ; en un mot, qu'il est éternel !... Alors, dans l'excès de ma joie délirante, je me suis écriée : O Jésus, mon Amour... ma vocation, enfin je l'ai trouvée, ma vocation, c'est l'amour !... Oui, j'ai trouvé ma place dans l'Église et cette place, ô mon Dieu, c'est vous qui me l'avez donnée... dans le Cœur de l'Église, ma Mère, je serai l'Amour... ainsi, je serai tout... ainsi mon rêve sera réalisé !!!".

Chers frères et sœurs, vous voyez comment Dieu sait faire les choses. J'ai commencé mon homélie en parlant d'un pacte d'alliance et Il m'a amené à terminer en parlant de l'amour...

La bonne nouvelle d'aujourd'hui nous enseigne donc que la conversion est possible, que l'amour est possible. Laissons-nous toucher par cette Bonne Nouvelle ! Croyons tous en l'Amour !

Chers fidèles d'Obeck, je commence par faire moi-même cette profession de foi que je demande en même temps à vous et je m'engage à être au milieu de vous témoin de cet Amour doux et patient qui a changé ma vie et qui aspire à renouveler aussi la vôtre et à redonner un nouveau souffle à toute la paroisse pour qu'elle avance au large en eaux profondes.

Encore une fois merci de tout cœur à Mgr Joseph-Marie, Évêque de Mbalmayo et au P. Michele, Responsable général de la Communauté Redemptor hominis et curé de la paroisse Sagrado Corazón de Jesús d'Ypacaraí au Paraguay : votre présence en ce jour de mon installation nous confirme et nous encourage à aller de l'avant en cette dynamique de missionnarieté et d'universalité.

Que Marie, la Mère du Bel Amour nous accompagne dans notre chemin. Qu'elle nous rappelle chaque jour que "l'homme ne peut vivre sans amour" (cf. Redemptor hominis, 10). Au moment de l'épreuve et de la désolation, qu'elle nous aide à confesser avec courage que l'amour est plus fort que la mort et que rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur.

Merci de votre bonté ! Merci de votre grande patience !


P. Franco Paladini



12/10/2017

 

Site de la Communauté missionnaire Redemptor hominis