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Vie de la paroisse d'Obeck-Mbalmayo  

 

 

LES AMIS D'OBECK RENDENT HOMMAGE À SILVIA


Nous publions les témoignages rendus à Silvia le 4 juin 2018 de la part des délégués du conseil pastoral de la paroisse Bienheureuse Anwarite d'Obeck où Silvia a vécu et œuvré depuis sa création en 1995.

Le premier, celui de M. Joseph Balla Enyegue, a été lu à la Cathédrale Notre Dame du Rosaire de Mbalmayo au terme de la messe pontificale. Le second, celui de Mme Alvine Léonie Nnomendoue, a été rendu au jardin de la Grotte "Marie Mère de l'espérance" du Centre Redemptor hominis de Mbalmayo, où Silvia désormais repose dans l'attente de la résurrection finale.


  

Une intellectuelle hors pair, mais trÈs humble




Silvia, un soir, tu t'en allas, avec l'espoir de revenir en santé. Un soir, hier soir, tu revins, hélas, fauchée par la faucheuse le 24 janvier 2017 ! Te revoici donc en terre de mission ! N'était-ce d'ailleurs pas ton souhait ?

Retrouver ta famille, non biologique, mais cette Église particulière de Mbalmayo que tu as tant servie ! Mais quelle image ? Quel souvenir nous laisses-tu ?

Silvia, comment marquer la frontière entre l'universitaire et la religieuse que tu fus ? En tout cas, nous gardons de toi l'image d'une intellectuelle hors pair, mais très humble. Tu n'hésitais pas, n'est-ce pas, à faire corriger le français de tes productions écrites par un moins gradé que toi, alléguant que chacun est compétent dans un domaine précis. Religieuse érudite, passionnée pour la transmission des connaissances, tu avais le souci de partager ton savoir, n'hésitant pas à faire don de certains documents de référence pourtant très coûteux, à ceux qui avaient soif de lire. Tu n'as jamais voulu garder tes talents pour toi. Pas étonnant donc que tu fusses, dans les années 90, cette pionnière de la première École de formation des laïcs du Diocèse de Mbalmayo.

Soucieuse de la formation des laïcs ‒ tu pensais en effet qu'un chrétien non averti, qui n'est pas formé dans les "affaires de Dieu", est un individu dangereux pour l'Église ‒ tu dispensais toi-même des cours sur des thèmes aussi nombreux que variés : la morale, la transparence économique, l'Église en Afrique au service de la réconciliation, la justice et la paix, le rôle de la femme dans l'Église et d'autres thèmes de la doctrine sociale. Des enseignants de tous ordres et de tous grades (de l'Université Catholique d'Afrique Centrale, des Lycées et Collèges, de la société civile, des religieux et religieuses, des prêtres, etc.) furent sollicités en raison de leurs compétences dans leurs domaines précis. Avec tact, Silvia, tu amenais les sceptiques à s'inscrire à l'École de formation des laïcs.

Silvia, tu étais une intellectuelle et une religieuse chevronnée certes, mais tu étais d'abord femme. On te considérait même comme une "maman" qui savait remonter le moral à ceux qui étaient face à une situation délicate. Dans le champ des relations humaines, aucune liste ne serait exhaustive pour décliner les attributs qui te caractériseraient. Simplicité, conseillère, générosité, disponibilité, femme attentionnée, femme à l'écoute des autres, soucieuse de la promotion sociale de la femme. Tous ces attributs, toutes ces vertus devront aussi éclairer notre cheminement de chrétien, surtout que le monde a besoin de modèles, de repères aujourd'hui.

Que de souvenirs de ces moments passés ensemble ! Quelle œuvre !

Ton œuvre est un anti-destin : elle te survivra. Tu peux dormir en paix désormais dans l'attente de la Résurrection à laquelle tu croyais et que tu espérais.

Joseph Balla Enyegue


Tu es chez toi, Silvia


Je rencontre la sœur Silvia en tant que paroissienne à la chapelle Bienheureuse Anwarite d'Obeck un dimanche de 1996, au sortir d'une messe.

Nous échangeons quelques mots et tout de suite le contact s'établit grâce à la simplicité et l'humilité avec lesquelles Silvia m'a abordée. Rapidement notre relation va s'approfondir quand je lui fais part de mon engagement à l'accompagnement au développement de la femme, surtout celle vivant en milieu rural dans l'arrondissement de Mbalmayo.

Soucieuse de la promotion sociale et ecclésiale de la femme, Silvia va porter cette initiative et décidera de descendre avec moi à Avebe, village limitrophe de l'arrondissement de Mengueme, où elle a passé toute une journée à visiter les champs témoins communautaires, égrener le haricot, écouter, échanger avec les femmes elles-mêmes, en leur prodiguant des conseils pour les amener à prendre en main leur propre vie et non pas à la subir.

Pour nous de la paroisse Bienheureuse Anwarite d'Obeck à Mbalmayo, Silvia aura été une amie, une guide, une conseillère avec qui nous avons cheminé. Silvia, tu as porté une attention spéciale sur la situation des paroissiens et des malades de la Caritas, à travers la formation des laïcs, l'accompagnement des jeunes, des malades, des femmes en difficulté comme les veuves, des prisonniers, l'embellissement de notre paroisse, etc.

Diplômée de l'enseignement supérieur, Silvia, tu aurais pu faire une riche carrière administrative dans ton Italie natale. Mais non. Tu as préféré venir dans cette terre d'Afrique, au Cameroun, à Mbalmayo, accomplir une œuvre missionnaire au service des plus démunis parmi les démunis.

Dans la douleur, Marguerite Balla et moi sommes venues te dire au revoir le soir de ton départ pour les soins, mais hélas...

Maintenant que le Seigneur t'a appelée dans sa maison, ton corps aurait pu reposer dans ton Italie natale, mais non, te voici dans cette terre d'Afrique, au Cameroun, à Mbalmayo. L'Italie t'as vue naître, Mbalmayo te donne un coin de repos éternel. Un proverbe de chez nous ne dit-il pas : Mòn asikik ai mbyè, mòn ane he ai ntoň (L'enfant n'est pas seulement de celui qui l'a mis au monde, il est l'enfant surtout de celui qui l'a fait grandir).

Nous aurions tant aimé t'avoir encore avec nous, mais comme dit l'auteur : tu es rose, et comme une rose, tu as vécu l'espace d'un matin.

Tes frères de la paroisse Bienheureuse Anwarite te couvrent des parfums des Jasmins, des Romarins, des Orchidées, des Kawagas. La fleur de la Couronne du Christ sera toujours là pour te protéger.

Que ta tombe soit comme ce Bananier du voyageur où tout passant viendra étancher sa soif.

La communauté chrétienne qui t'a tant aimée ne t'oubliera jamais.
Oke, waè mvòe (va et repose en paix), tu es chez toi Silvia.

Alvine Léonie Nnomendoue



 



19/06/2018
 

Site de la Communauté missionnaire Redemptor hominis