Italiano Español Nederlands Français
Home arrow Afrique arrow Nouvelles d'Afrique arrow Pour une rencontre personnelle avec Jésus-Christ/2




Version imprimable Suggérer par mail

Nouvelles d'Afrique

 



POUR UNE RENCONTRE PERSONNELLE AVEC JéSUS-CHRIST/2

Réflexions des jeunes en formation théologique à
Yaoundé, en vue du Synode sur la jeunesse



La famille est le lieu par excellence où naissent les vocations. Le témoignage de vie dans un couple peut encourager un jeune à choisir telle ou telle vocation. La communauté ecclésiale doit par la suite prendre le relais, consciente qu'en cheminant avec les jeunes, on édifie la communauté entière.


 
Communiquer avec la jeunesse

La communauté doit promouvoir ces vocations aux moyens de l'écoute et du discernement. La communauté ecclésiale est certainement le lieu favorable où le jeune peut mûrir son désir

de servir le Seigneur dans le célibat ou dans le mariage, dans la vie consacrée ou dans la vie sacerdotale.

Certaines communautés diocésaines comme celle d'Obala ont innové en entrant en contact avec les jeunes à partir des réseaux sociaux tel que Facebook, dans le but de faciliter la communication. D'autres comme celle du diocèse de Bafia ont mis en place un comité chargé du planning annuel d'animations diocésaines des activités des jeunes. Tout ceci est généralement précédé de sensibilisations mensuelles, en vue d'encourager les jeunes à prendre massivement part aux activités paroissiales ; ce comité a choisi comme moyen de communication avec les jeunes, la création d'un groupe WhatsApp qui regroupe à son tour plusieurs aumôneries du même diocèse.

Les accompagnateurs

En faisant la synthèse des différents groupes de recherche en rapport avec le rôle des accompagnateurs, nous voulons d'abord nous arrêter sur le récit de la vocation du jeune Samuel, en 1S 3, 9. Dans ce verset, trois personnages interviennent : le jeune Samuel, le prêtre Eli qui aide le jeune Samuel à répondre à l'appel de Dieu, et Dieu lui-même.

Dans ce récit de vocation, nous pouvons nous poser la question suivante : quels sont le rôle et la mission de l'accompagnateur ? D'après les différentes réponses apportées par les groupes de recherche, il existe plusieurs figures d'accompagnateurs : les parents, les enseignants, les formateurs, les directeurs spirituels, toutes les personnes qui peuvent se trouver sur le chemin d'un jeune.

Le rôle de l'accompagnateur est d'aider les jeunes à discerner leur vocation. Pour ce faire, l'accompagnateur aide le jeune à écouter l'appel du Seigneur, à le méditer afin de mieux répondre à cet appel. C'est d'ailleurs ce que fait le prêtre Eli face au jeune Samuel. Dès lors, le rôle de l'accompagnateur n'est pas d'étouffer la parole de Dieu ou de faire obstruction à cette parole. Cela dit, l'accompagnateur n'est pas là pour imposer ses convictions, son point de vue. Dans cette logique, les parents n'ont pas à imposer une vocation à leur progéniture.

Aussi, pour aider les jeunes à mieux discerner leur vocation, les accompagnateurs doivent-ils se faire proches des jeunes ; ils doivent être disponibles et savoir lire les signes des temps. Car les accompagnateurs ne doivent pas être déconnectés de la réalité des jeunes. Ils doivent être au courant des peines et des joies des jeunes, de leurs aspirations, de ce qui les attire. L'écoute aura aussi une place importante dans la mission de l'accompagnateur. De fait, les accompagnateurs doivent prendre le temps d'écouter les jeunes. En effet, c'est en écoutant les jeunes qu'on peut leur donner des orientations, savoir ce qu'ils vivent.

Pour mieux accomplir leur mission, les accompagnateurs doivent être des témoins et non des maîtres. Ils doivent être des modèles pour la société. De fait, pour attirer l'attention critique du jeune sur les propositions et sollicitations du monde, il faut d'abord que l'accompagnateur ait pris lui-même ses distances vis-à-vis des chimères du monde. Un bon accompagnateur est donc celui qui vit des valeurs évangéliques.

Pastorale des vocations en Afrique

Le continent africain est envahi par des sectes, des idéologies matérialistes voire nihilistes, des lobbyings qui véhiculent une vision déformée de la famille, du mariage, de la sexualité. Ajoutez à cela le chômage, la gabegie et la dégradation du lien social, vous aurez le cadre sombre dans lequel les jeunes évoluent aujourd'hui et le défi qu'il lance à l'Église.

Les maux de l'Afrique évoqués plus haut traduisent autant de besoins de notre cher continent : en termes de préparation des jeunes à la vie d'adulte, à la participation responsable à la vie sociale et familiale, à la transmission des valeurs culturelles authentiques aux nouvelles générations ; en termes de témoignage d'une foi adulte, consciente des exigences éthiques intrinsèques à l'Évangile.

Cela dit, quelles visions et structures de pastorale des vocations pour les jeunes peuvent-elles satisfaire ces besoins de notre continent ?

Notre engagement comme évangélisateurs des jeunes et comme éducateurs à la foi commencera avec la conviction que l'objectif de notre pastorale des jeunes est la rencontre personnelle et convaincante avec Jésus.

En dehors de cette forte proposition, on court le risque d'une pastorale des jeunes qui ne soit qu'une belle expérience, sans racines, et qui ne marque pas la personne. On peut donc parler d'une vision personnaliste de la pastorale des vocations pour les jeunes.

Cette vision commande la mise sur pied des structures mobiles de la pastorale des vocations des jeunes.

Que faut-il entendre par ‘‘structures mobiles'' ? Ce sont des structures d'accompagnement qui permettent à la pastorale des vocations de tenir compte de la situation concrète des jeunes et de leur évolution dans leurs milieux de vie. L'objectif étant de responsabiliser les jeunes aux prises avec les difficultés de la vie, à la lumière de la foi ; il faut donc accompagner les jeunes dans les phases de leur cheminement vocationnel en restant à l'écoute de leurs doutes, de leurs critiques, de leurs propositions, de leurs expériences personnelles profondes.

Ces ‘‘structures mobiles'' appellent les pasteurs à se rendre davantage disponibles plutôt que d'être des fonctionnaires bureaucrates. Car la bureaucratie est un des maux des sociétés africaines. Communiquer avec les jeunes aujourd'hui demande de la disponibilité et des personnes capables d'aller à leur rencontre aux moyens des médias, de la catéchèse ou lors des différentes rencontres. Cette pastorale requiert des personnes capables d'éveiller en eux la confiance, de faire connaître aux jeunes la précarité de la vie, les difficultés et les dangers qu'ils encourent dans la société, des personnes à même de les aider aussi à comprendre surtout le but de la sexualité. Il faut des personnes capables d'un bon témoignage de vie, car les jeunes aiment aussi ce qui est authentique.

La "paternité spirituelle" en Afrique

Dans un contexte où l'on grandit sans la figure paternelle, la ‘‘paternité spirituelle'' devrait être comprise comme une relation de confiance sur le chemin qui conduit vers Dieu, le Père de Notre Seigneur Jésus-Christ. La ‘‘paternité spirituelle'' ne doit surtout pas être interprétée comme un moyen de compensation d'une présence qui n'a jamais existé. Du coup, on devient comme des éternels mineurs incapables de responsabilité. La formation qu'on pourrait offrir dans ce cas est un parcours vers une maturité affective et psychologique, en invitant des professionnels en sciences humaines pour permettre l'éclosion d'une personnalité chrétienne authentique.

L'Église a besoin de jeunes pour bâtir son futur

Comment intéresser les jeunes à l'Église aujourd'hui ? Il faut commencer par leur expliquer la raison d'être de l'Église. Car, tant que le mystère de l'Église n'est pas compris à sa juste valeur, rien ne pourra fonder l'engagement durable des jeunes dans la construction de l'Église particulière et universelle. En outre, le manque de prise en considération du point de vue des jeunes dans les grandes décisions d'Église est une cause du manque de responsabilisation de la jeunesse qui se sent réduite à l'obéissance servile. Pour finir, il faut aujourd'hui que l'Église écoute la voix des jeunes qui peuvent l'aider à discerner les signes des temps.

En guise de conclusion

Au terme de ce travail de synthèse, nous pouvons adresser nos remerciements à l'Église qui accepte de se pencher sur la dramatique question de la vocation des jeunes dans le monde d'aujourd'hui. Le prochain Synode est donc un kairós, un temps de grâce, un moment favorable pour le renouvellement de l'esprit des jeunes d'aujourd'hui.

Il est généralement admis que la jeunesse est l'avenir de la société. Notre réflexion a montré que sans formation intégrale et sans soutien de pasteurs zélés, la jeunesse ne saurait apporter une contribution significative à la marche de l'Église et au développement des peuples. Toutefois, l'Église d'Afrique qui se construit dans les situations de précarité et de pauvreté peut-elle accepter de suivre le Christ jusqu'au bout, comme le disciple bien-aimé, présenté comme une icône de la vocation des jeunes par le Document Préparatoire ?

Il revient à chaque jeune de se décider sur le chemin de la vérité et de la vie dans le Christ, prenant appui sur la Tradition de l'Église et la Communion des Saints. L'Église d'Afrique est fière d'avoir de nombreux saints, apôtres et martyrs. Ce sont des étoiles de la Cité céleste, des guides sûrs pour la jeunesse d'aujourd'hui en quête de repères.

Certes, les sciences humaines peuvent aider beaucoup de jeunes dans l'intelligence renouvelée de la foi ; et beaucoup de ces jeunes dans les sociétés africaines sont formés à ces disciplines. Cependant, il y a une confusion qu'il faut éviter : c'est la confusion entre les valeurs sociales et les valeurs spirituelles ; en d'autres termes, il ne faut pas penser qu'on va à l'Église pour assurer sa carrière professionnelle. Une vigilance des pasteurs est nécessaire à ce niveau pour que la foi ne se dénature pas en une entreprise purement sociale.

Groupe de synthèse, IIIe Année de Théologie 2018, UCAC[1]





[1] Le groupe de synthèse qui a rédigé ce travail était composé par les jeunes suivants : Guy ABANDA ZOGO, Irénée-Victoire ANABA NOAH, Pamphile ASSOUMOU MVOMO, Gha-Chim MACMILLAN, Maxime T. MVILONGO ATEBA, Ange OLOA NTOLO, Fabrice ONANA NGA, Roland TIEU N'GBE, Georges ZANG AMOUGOU.
 

 

02/07/2018

 

Site de la Communauté missionnaire Redemptor hominis