Lettres d'Emilio Grasso



LETTRE AUX SERVANTS DE MESSE

DE LA PAROISSE SAGRADO CORAZÓN DE JESÚS



Pour les Servants de messe de la

Paroisse Sagrado Corazón de Jesús

                      Ypacaraí    


Chers amis servants de messe,

Le 15 août nous avons célébré la fête de saint Tarcisius, Patron des servants de messe.

Ayant été empêché de vous écrire en cette occasion, je profite de l'opportunité de la rencontre que vous avez avec Mary, pour vous faire parvenir cette lettre, en commémoration de notre Saint Patron.

Le 4 août dernier, le pape Benoît XVI a fêté, avec des milliers de servants de messe, la mémoire de saint Tarcisius.

Vous connaissez déjà la vie de saint Tarcisius, mais il est bon de l'écouter une fois de plus à travers la narration du Pape qui fut lui-même, en son temps, servant de messe.

Écoutons, maintenant, la voix du Saint-Père :

" Qui était saint Tarcisius ? Nous ne disposons pas de beaucoup d'informations. Nous sommes dans les premiers siècles de l'histoire de l'Eglise, plus précisément au troisième siècle ; on raconte qu'il était un jeune homme qui fréquentait les catacombes de Saint-Calixte ici à Rome et qu'il était très fidèle à ses engagements chrétiens. Il aimait beaucoup l'Eucharistie et, de divers éléments, nous concluons que, probablement, il était un acolyte, c'est-à-dire un servant d'autel. Dans ces années-là, l'empereur Valérien persécutait durement les chrétiens, qui étaient contraints de se réunir clandestinement dans les maisons privées ou, parfois, également dans les catacombes, pour écouter la Parole de Dieu, prier et célébrer la Messe. Même la tradition d'apporter l'Eucharistie aux prisonniers et aux malades devenait de plus en plus dangereuse. Un jour, alors que le prêtre demanda comme d'habitude, qui était disposé à apporter l'Eucharistie aux autres frères et sœurs qui l'attendaient, le jeune Tarcisius se leva et dit : ' Veux-tu que je m'en charge ? '. Ce garçon semblait trop jeune pour un service aussi exigeant ! ‘ Ma jeunesse - dit Tarcisius - sera le meilleur abri pour l'Eucharistie '. Le prêtre, convaincu, lui confia le précieux Pain en lui disant : ' Tarcisius, rappelle-toi qu'un trésor céleste est remis entre tes faibles mains. Evite les chemins fréquentés et n'oublie pas que les choses saintes ne doivent pas être jetées aux chiens ni les perles aux cochons. Protégeras-tu avec fidélité et assurance les Saints Mystères ? '. ' Je mourrai - répondit Tarcisius avec fermeté - plutôt que de les céder '. En route, il rencontra des amis qui, s'approchant de lui, lui demandèrent de se joindre à eux. À sa réponse négative - ils étaient païens - ils devinrent soupçonneux et insistants et ils se rendirent compte qu'il serrait quelque chose sur sa poitrine qu'il semblait défendre. Ils tentèrent de la lui arracher mais en vain ; la lutte se fit de plus en plus acharnée, surtout lorsqu'ils apprirent que Tarcisius était chrétien : ils lui donnèrent des coups de pied, lui lancèrent des pierres, mais il ne céda pas. Mourant, il fut apporté au prêtre par un officier prétorien du nom de Quadratus, devenu lui aussi, clandestinement, chrétien. Il y arriva sans vie, mais il serrait encore contre sa poitrine un petit morceau de lin contenant l'Eucharistie. Il fut enterré immédiatement dans les catacombes de Saint-Calixte. Le Pape Damase fit apposer une inscription sur la tombe de saint Tarcisius, selon laquelle le jeune homme mourut en 257. Le Martyrologe romain fixe la date au 15 août et dans le même Martyrologe est rapportée une belle tradition orale selon laquelle, sur le corps de saint Tarcisius, on ne retrouva pas le Très Saint Sacrement, ni dans ses mains, ni dans ses vêtements. On raconta que le pain consacré, défendu par sa vie par le petit martyr, était devenu chair de sa chair, formant ainsi avec son propre corps, une unique hostie immaculée offerte à Dieu.

Chères servantes et chers servants d'autel, le témoignage de saint Tarcisius et cette belle tradition nous enseignent l'amour profond et la grande vénération que nous devons avoir pour l'Eucharistie : c'est un bien précieux, un trésor dont la valeur ne peut pas être mesurée, c'est le Pain de la vie, c'est Jésus lui-même qui se fait nourriture, soutien et force pour notre chemin de chaque jour et route ouverte vers la vie éternelle, c'est le don le plus grand que Jésus nous a laissé.

Je m'adresse à vous ici présents et, à travers vous, à tous les servants d'autel du monde ! Servez avec générosité Jésus présent dans l'Eucharistie. C'est une tâche importante, qui vous permet d'être particulièrement proches du Seigneur et de croître dans une amitié vraie et profonde avec Lui. Conservez jalousement cette amitié dans votre cœur comme saint Tarcisius, prêts à vous engager, à lutter et à donner la vie pour que Jésus parvienne à tous les hommes. Vous aussi, transmettez aux jeunes de votre âge le don de cette amitié, avec joie, avec enthousiasme, sans peur, afin qu'ils puissent sentir que vous connaissez ce Mystère, qu'il est vrai et que vous l'aimez ! Chaque fois que vous vous approchez de l'autel, vous avez la chance d'assister au grand geste d'amour de Dieu, qui continue à vouloir se donner à chacun de nous, à être proche de nous, à nous aider, à nous donner la force pour vivre bien. Avec la consécration - vous le savez - ce petit morceau de pain devient Corps du Christ, ce vin devient Sang du Christ. Vous avez la chance de pouvoir vivre de près cet indicible mystère ! Vous accomplissez avec amour, avec dévotion et avec fidélité votre tâche de servants d'autel ; n'entrez pas dans l'église pour la célébration avec superficialité, mais préparez-vous intérieurement à la Messe ! En aidant vos prêtres dans le service de l'autel, vous contribuez à rendre Jésus plus proche, de manière telle que les fidèles puissent le sentir et s'en rendre compte avec plus de force : Il est ici ; vous collaborez afin qu'il puisse être plus présent dans le monde, dans la vie de chaque jour, dans l'Eglise et en tout lieu. Chers amis ! Vous prêtez à Jésus vos mains, vos pensées, votre temps. Il ne manquera pas de vous récompenser, en vous donnant la vraie joie et en vous faisant sentir où est le bonheur le plus complet. Saint Tarcisius nous a montré que l'amour peut nous conduire jusqu'au don de la vie pour un bien authentique, pour le bien véritable, pour le Seigneur ".



Mes chers amis,

En s'adressant aux servants de messe présents sur la place Saint-Pierre, le Saint-Père a dit qu'à travers eux, il s'adressait à tous les servants de messe du monde. Pour cela, nous sommes sûrs qu'il a voulu s'adresser aussi aux servants de messe d'Ypacaraí.

Nous devons lire ses paroles comme s'il s'agissait d'une lettre personnelle adressée à chacun de nous. C'est ce que nous faisons avec l'Écriture Sainte, qui atteint son sens plénier quand on l'écoute, au milieu du peuple de Dieu, comme une lettre que le Seigneur écrit aujourd'hui, personnellement, à chacun de nous. Et de chacun de nous, dans notre vie originale, unique, qu'on ne peut répéter ni réduire à celle des autres personnes, Dieu attend la réponse à la lettre qu'il a écrite.

Dans notre vie, nous devons toujours unir le je et le nous, les distinguant, mais sans les séparer.

Si nous parlons uniquement et exclusivement en utilisant toujours le pronom personnel je, notre vie se réduit à celle d'individus qui vivent isolés par rapport aux autres, qui se contemplent égoïstement eux-mêmes, ne communiquent avec personne et, à la fin, meurent par manque d'air, parce que leur vie est comme une chambre sans portes ni fenêtres.

Au contraire, si nous parlons uniquement et exclusivement en utilisant toujours le pronom personnel nous, le don de notre vie disparaît dans l'anonymat d'individus qui se cachent derrière ce nous qui, sans le je, est quelque chose qui ne nous appartient pas.

Pour cela, nous devons savoir parler à titre personnel. C'est ce que nous enseigne le jeune Tarcisius qui se leva et dit : " Envoie-moi ".

En faisant ainsi, Tarcisius sort d'un je qui reste enfermé en lui-même, meurt et entre, pour l'éternité, dans le nous du peuple de Dieu.

Tarcisius, qui a eu le courage de se lever pour dire : " Envoie-moi ", selon la belle tradition orale que nous avons écoutée, se transforme en chair de Jésus, formant ainsi, avec son corps, une unique hostie immaculée offerte à Dieu.

Puissiez-vous aussi, chers servants de messe, arriver à former un même corps avec le Corps de Jésus !

De cette manière, votre vie sera belle et libre, et aucun d'entre vous n'aura à regretter ni à pleurer un jour une vie ratée à cause de tant de choses inutiles et insensées qui donnent la joie d'un moment, puis la tristesse et les larmes immédiatement après.    

À très bientôt!


Père Emilio Grasso 
Curé



(Traduction de l'espagnol par Franco Paladini)


 
27/11/2010