Homélies et discours d'Emilio Grasso


 

LA HAINE ET LA VENGEANCE NE CREENT RIEN

 



 

Nous présentons la traduction de l'homélie du P. Emilio Grasso, prononcée le 24 juin 2012, dernier dimanche du mois où l'on célèbre traditionnellement la Fête Patronale du Sacré-Cœur de Jésus à Ypacaraí (Paraguay). Nous avons maintenu la spécificité du langage parlé de l'homélie. Les titres ont été ajoutés par la rédaction. 

L'homélie a assumé un caractère spécial du fait des récents événements politiques du Paraguay.

 



Du côté de notre Seigneur Jésus-Christ, transpercé par une lance, ont jailli du sang et de l'eau. L'Église, en tout temps, a lu ce passage de l'Évangile en l'interprétant à la lumière de toute l'Écriture Sainte, comme le moment de la naissance de l'Église. 

 L'Église naît du côté du Christ transpercé par une lance. Le sang et l'eau représentent la plénitude de la divinité et de l'humanité dans la Personne du Christ Jésus. 

Pour cela, nous ne pouvons jamais séparer la divinité de l'humanité, c'est-à-dire la dimension verticale de la dimension horizontale. Nous ne pouvons jamais séparer ce qui demeure uni en Christ Jésus.

Distinction et non séparation ni confusion

Nous devons savoir établir la distinction entre la divinité et l'humanité : elles ne sont pas une même réalité, elles ne sont pas mélangées, il n'y a pas de confusion entre elles. Pour cela, les premiers Conciles œcuméniques déterminèrent le dogme - qui est la règle de vérité que l'Église professe comme sa foi - selon lequel nous croyons que Christ Jésus est en même temps vrai Dieu et vrai homme. Il n'est pas une créature de Dieu ni un surhomme, un être extraordinaire, "spectaculaire", comme nous le disons au Paraguay. Il n'est pas le plus grand parmi les maîtres et les prophètes, mais Dieu-même, parce que Dieu est communion de personnes : Père, Fils et Esprit Saint. Jésus est le Fils qui s'est incarné, qui s'est fait homme.  

Cet homme est le vrai homme. Quand nous devons prendre un exemple d'homme, nous devons regarder Jésus. Ce n'est que quand nous nous rapprochons de Lui que nous arrivons à être de vrais hommes. En Lui vit la vérité ; Il est la vérité faite chair. Il est la bonté, la beauté, l'honneur, l'authenticité, la fidélité. Il préfère mourir, mais il ne trahit jamais son serment.

Jésus-Christ est le vrai homme et ce vrai homme est, en même temps, vrai Dieu. Cela veut dire que sa mort n'est rien d'autre qu'un moment de la manifestation de la plénitude de l'amour.

Christ Jésus meurt pour donner sa vie à ses frères, en versant tout son sang. Il ne verse pas le sang des autres, il ne se cache pas derrière les autres. Il verse son propre sang comme acte d'amour.

Nous avons toujours insisté et nous le répétons toujours : il n'y a pas d'amour sans la croix. L'amour est croix, est fatigue, est effort, est discipline, est lutte contre tout ce qui, dans notre cœur, nous empêche de nous donner complètement. L'amour n'abandonne pas, l'amour est fidélité, l'amour sait se sacrifier le moment venu.

La nécessité d'une conversion personnelle

Nous qui avons la grâce d'être sous la protection du Sacré-Cœur de Jésus, nous sommes appelés, en ce jour et d'une manière toute particulière, à une conversion radicale.

Nous ne pouvons pas exiger de changement, si nous ne changeons pas nous-mêmes : cela, je l'ai toujours répété ; je ne me suis jamais trompé et les événements d'aujourd'hui me donnent raison. Je ne peux pas exiger le changement des structures et des autres, si je ne suis pas le premier à changer.

 C'est mon cœur qui doit changer. Je ne peux pas demander que le cœur de mon fils change, si moi, qui suis son père, je ne change pas. Je ne peux pas demander que le cœur de mon mari ou de ma femme change, si mon cœur ne change pas. Je ne peux pas demander que les structures de la société changent, si mon cœur ne change pas.

Cette solennité du Sacré-Cœur de Jésus est un appel fort à une conversion personnelle, à un changement personnel. Celles qu'aujourd'hui on a l'habitude d'appeler "structures de péché" - et aussi l'Église les appelle ainsi dans les documents du Magistère - dépendent toujours d'un péché personnel.

Si l'homme ne change pas, rien ne change : il y a seulement une apparence de changement et il y aura après un désastre pire que celui d'auparavant. C'est l'homme qui doit changer et il doit changer en luttant contre ce qu'autrefois on appelait les péchés capitaux : contre le désir de posséder de plus en plus, de s'enrichir sans travailler péniblement, durement, sans s'efforcer ou en suçant le sang des autres.

C'est toujours le changement de mon cœur qui détermine tout. Nous les chrétiens devons donner un témoignage de cela. Il ne s'agit pas de prononcer des paroles dont nous sommes vraiment fatigués : d'ici peu commencera, jusqu'au 20 avril de l'an prochain (date des élections présidentielles et législatives au Paraguay), le festival des paroles. Tous prononceront des paroles, des paroles, et encore des paroles... Les paroles, il faut les prononcer, même moi en ce moment je suis en train de parler, mais les paroles ne servent à rien sans un changement personnel, sans être honnête avec soi-même et avec les personnes avec qui on vit, sans être fidèle à cette parole prononcée que nous devons vivre : nous ne pouvons pas dire des paroles sans les accomplir et, surtout, nous devons avoir la capacité de nous sacrifier, de ne pas faire passer nos intérêts personnels ou ceux de nos coreligionnaires, de nos familles, de ceux qui sont de notre côté avant les intérêts de toute l'humanité.

Jusqu'aux extrémités de la terre : le pont d'amitié et de prière

Nous sommes appelés à la conversion, au changement, à la transformation de notre cœur pour qu'il arrive à être comme le cœur de Jésus : un cœur qui se donne, un cœur qui aime, un cœur qui sait pardonner, un cœur de réconciliation, un cœur libre. Liberté pour moi et pour tous. Je ne peux pas être un homme libre, si autour de moi il n'y a pas d'hommes libres, mais des esclaves. Je ne peux pas vivre en paix, si la paix ne règne pas autour de moi jusqu'aux extrémités de la terre.

 Pour cela, là-bas, accroché à un mur de notre église, vous pouvez voir quelque chose de petit qui, cependant, indique un pont d'amitié avec une petite paroisse du Cameroun, en Afrique, pour montrer à tous que nous avons commencé un chemin de prière avec les malades. Ce pont doit aussi être un pont entre les jeunes : un lien de prière, d'amitié, d'intérêt réciproque, parce que la vie n'est pas uniquement notre petite problématique, notre petite famille : c'est la vie de toute l'humanité.

La conversion de notre cœur est fondamentale. C'est nous qui devons changer; ne nous remplissons pas la bouche de tant de paroles. Je le dis surtout à nos jeunes amis : ne demandons pas que les autres vivent des paroles que nous ne vivons pas.

Dans le cœur de Jésus, plénitude de la divinité, le sacrifice, la mort, la croix n'ont pas la dernière parole. La dernière parole est toujours la vie, parce que l'amour est plus fort que la mort. Le crucifié ne peut pas mourir ; en effet, le crucifié est, en même temps, le ressuscité.

Comme je le répète toujours lors des enterrements, particulièrement fréquents ces derniers jours, n'ayez pas peur de la mort. La mort est la porte de la gloire de Dieu, elle nous ouvre à la plénitude de la vie. Nous passons de la mort à la vie, si nous aimons nos frères. 

L'Église ne doit pas entrer dans l'arène politique

Je sais que vous êtes tous en train d'attendre que je dise une parole sur les événements de ces jours. C'est une parole simple, celle que j'ai le devoir de dire, et c'est la parole même de l'Église. J'aurais pu parler avant, mais j'ai attendu, par délicatesse, que le Saint-Père s'exprime par le message qu'il a envoyé à la nation paraguayenne pour les événements tragiques de Curuguaty. Maintenant que le message a été lu, je peux parler et ma parole est la même que celle du Saint-Père : elle ne peut pas être une parole différente. Si c'était le contraire, je vous trahirais ainsi que toute l'Église, parce qu'en ce moment je parle au nom de Dieu et de l'Église et je ne dois pas dire ce que je pense. Je pourrais faire cela en dehors de l'église, mais pas quand je parle de l'autel : maintenant je dois dire la pensée de Dieu, je dois transmettre la parole de Dieu interprétée par la Sainte Mère Église. 

Pour en venir au fait - et vous le savez - je n'ai jamais apprécié l'entrée d'un Évêque en politique, parce qu'il s'agit de quelque chose qui est contraire à la doctrine de l'Église. Ils n'ont pas voulu m'écouter et ils en ont payé le prix, mais moi je l'avais dit, je l'avais écrit.

La doctrine de l'Église est que l'humanité est unie à la divinité, sans mélange, sans confusion.

Nous les prêtres, nous ne devons pas entrer en politique. La politique appartient aux laïcs et ce fut une grave offense et une tromperie faites au laïcat du Paraguay, l'entrée d'un prêtre, d'un Évêque, d'un religieux en politique.

Que les prêtres fassent les prêtres. Quand je célèbre la Messe, j'ai toute mon autorité en ce qui concerne Le P. Emilio avec le Maire de Ypacaraí, Raúl Fernando Negrete Caballerola foi et le culte, mais je n'ai aucune autorité dans les problèmes qui concernent la ville et qui appartiennent au peuple. C'est le peuple qui doit élire ses autorités, son Gouvernement. Nous les prêtres, nous avons le droit et le devoir d'annoncer la parole de Dieu, parole dans laquelle sont unies la plénitude de la divinité et la plénitude de l'humanité. Pour cela, le problème de l'homme, la chair et le sang de l'homme, appartient à Dieu, c'est la chair et le sang de Dieu. La solution des problèmes, cependant, est une autre chose.

Affirmer que tous les hommes doivent vivre dans la paix et dans la justice, qu'ils doivent être respectés dans leurs droits fondamentaux, que les jeunes doivent avoir la possibilité de développer leur vie et doivent avoir un avenir, est quelque chose qui appartient au message de Christ Jésus. Nous devons le proclamer avec force, mais la manière dont on résout ces problèmes est quelque chose de différent, qui appartient à la dialectique politique.

L'Église ne peut pas entrer dans la dialectique politique qui cherche la solution de ces problèmes. Un prêtre ne peut pas profiter de son autorité de pasteur de l'Église, pour se présenter après comme candidat à une charge institutionnelle. Cela serait trahir Christ Jésus, les fidèles, le peuple. C'est du laïcat que doivent sortir les maires, les députés, les sénateurs, le Président de la République.

Nous les prêtres, nous devons dialoguer avec tous, quelles que soient leurs couleurs d'appartenance. Nous ne pouvons pas séparer les bons et les mauvais selon la couleur du parti, en aucun Pays. Nous sommes appelés à une annonce prophétique. Nous devons toujours dire la vérité à tous, sans regarder le visage ou la couleur du tricot. Nous devons dire la vérité du Christ Jésus, la vérité de la Sainte Mère Église, mais la solution des problèmes est quelque chose qui n'appartient pas à l'Église.

L'Église ne doit pas entrer dans les questions des partis, autrement elle ne serait plus l'Église de tous, mais d'une partie. L'Église n'appartient pas aux bleus ou aux rouges, à Patria Querida ou à Unace, aux Colorados ou aux Libéraux, aux luguistes ou aux antiluguistes, au Frente Guazú ou à d'autres...

Respecter la volonté du Parlement, expression du peuple

L'Église est l'Église de tous. Pour cela, un Évêque ne pouvait en aucune façon entrer en politique et vous n'auriez pas dû vous mettre derrière lui.

Cependant, une fois que le peuple a choisi, la voix du peuple doit toujours être respectée. Nous sommes dans une démocratie, nous ne sommes pas sous une dictature.

J'ai toujours respecté, après les élections présidentielles, la volonté populaire. Le peuple, cependant, avait aussi élu ses sénateurs et ses députés : eux aussi ont obtenu le vote populaire.

La Loi Suprême, la Magna Carta, c'est la Charte Constitutionnelle qui prévoit un jugement politique. Un jugement politique n'est pas un jugement criminel. (Pour cela, je répète avec force, permettez-le moi : moins de défilés, moins de perte de temps et plus d'étude dans les écoles. Étudiez davantage, chers jeunes, pour ne pas être manipulés et trompés. Sachez faire la différence entre ce qui est un jugement politique et ce qui est un jugement criminel, qui est toute autre chose ; faire la différence entre ce qui est un jugement moral et ce qui est un jugement politique).

J'ai toujours affirmé que nous devons respecter la Magna Carta du Pays où nous vivons. En ce moment, je Le Président Federico Franco avec le Nonce Apostolique, Mgr Eliseo Antonio Ariottime sens paraguayen, je suis paraguayen, et j'ai bien à l'esprit la Magna Carta, la Constitution Républicaine que les citoyens de ce Pays se sont donnée en 1992 et qui constitue notre point de repère tant qu'elle demeure en vigueur.

À travers un vote populaire, ont été légitimement élus en même temps un Président et un Vice-président de la République que nous devons respecter jusqu'au moment où, comme le prévoit la Constitution, qui prend en compte le jugement politique, les sénateurs, selon les indications et les accusations des députés, prennent, à travers le vote des deux tiers des sénateurs, la décision de le destituer.

Eux ils ont disposé ce changement avec un vote de large majorité. Pour cela, aujourd'hui nous devons reconnaître et respecter le nouveau Président de la République.

Voilà la position de l'Église. L'Église ne se met pas dans d'autres problèmes. C'est le peuple paraguayen qui s'est donné cette Charte Constitutionnelle et tous les Paraguayens se doivent de la respecter. Si elle ne nous plaît pas, nous devons la changer, mais jamais par la violence, mais avec le débat démocratique, avec le consentement populaire, en créant de nouvelles consciences : voilà la véritable question et c'est une question très simple.

Même les forces armées et les forces de police doivent respecter cette volonté, comme elles l'ont fait. C'est très beau qu'elles aient respecté la loi constitutionnelle.  

Pacifier les esprits

Le problème le plus urgent, de toute façon, est de réconcilier les esprits. En politique il y a des adversaires, il n'y a pas d'ennemis : je peux être l'adversaire de personnes qui militent dans d'autres partis, mais je ne peux pas les considérer comme mes ennemis. Le débat peut être dur, mais il doit toujours être démocratique et public. La lutte doit être toujours une dialectique de raisonnement, d'étude, de projet, de propositions, d'un programme différent. Je présente un programme et tu en présentes un autre ; après, nous demandons aux citoyens de choisir et à qui donner confiance. Jusqu'aux élections suivantes.

Cette dialectique demande l'étude, l'approfondissement, la connaissance des problèmes. Pour cela, j'invite tous les jeunes à ne pas perdre leur temps : étudiez, préparez-vous bien, pour que puisse surgir une classe dirigeante honnête, authentiquement bien préparée, modérée, qui ne voie pas dans l'adversaire l'ennemi à éliminer. Ayez toujours à cœur le bien commun de la ville et du Pays.  

Respecter la souveraineté des Paraguayens

Je dois vous dire une dernière chose : j'ai été très triste en lisant ce matin sur les journaux l'expression : "La Triple Alliance met au pied du mur le Paraguay".

 Les Paraguayens - permettez-moi de le dire, monsieur le Maire, "nous les citoyens  Paraguayens" - nous ne pouvons pas permettre que d'autres Pays gouvernent ici, dans notre Pays. C'est nous les Paraguayens qui devons nous donner notre Gouvernement, résoudre nos problèmes. Ce ne sont pas les Italiens, les Américains, les Argentins, les Brésiliens, les Uruguayens, les Vénézuéliens, les Boliviens...

Nous pouvons résoudre nos problèmes d'une manière ou d'une autre. Que la parole "Triple Alliance" ne revienne pas, parce qu'elle a coûté du sang, a détruit un peuple, les familles, les coutumes, les traditions. Elle a causé un génocide au point que nous ne voulons même pas entendre cette expression. Cette menace me rend triste : nous avons tellement souffert, que devons-nous souffrir encore ? Une autre Triple Alliance, un autre génocide, une autre guerre du Chaco ?.

Pour cela, nous devons travailler tous unis, sans distinction de tricots, de couleurs, d'idées, pour que ce Paraguay soit la terre de l'homme, de tous les hommes et, en même temps, la terre de Dieu.

"J'avais raison, moi"

Voilà ce que j'affirme ; j'ai attendu pour le dire. Ma pensée était très claire, parce que j'ai écrit, j'ai parlé, je me suis prononcé en privé et en public, de manière réservée et ouvertement ; et j'avais raison. Permettez-moi de le dire : j'ai l'orgueil d'affirmer que moi, j'avais raison. Ils auraient pu m'écouter.

En effet, l'Église doit être toujours au-delà d'une quelconque division, de n'importe quelle particularité. Je le répète toujours quand je fais les enterrements : nous sommes tous citoyens du ciel. Je suis né en Italie et il y a ceux qui sont nés en Argentine, au Brésil, en Uruguay, au Venezuela, en Bolivie, au Paraguay... L'Église est catholique, elle annonce une fraternité entre toutes les nations. Tout de même, en tant que citoyens de la terre, nous reconnaissons qu'il y a des différences, certaines diversités que nous devons respecter.

Dans cette terre, dans ce Paraguay libre, dans la République du Paraguay, dont on a tant parlé à propos de souveraineté, nous devons défendre la possibilité des citoyens du Paraguay de décider librement et démocratiquement de quel gouvernent se doter.

Nous prêchons la paix de Christ Jésus qui est mort pour annoncer la paix à tous les hommes. Et la paix est le fruit de la justice et de la vérité. Nous devons aimer la vérité, la justice et la paix. Justice et paix s'accompagnent.

 Nous devons créer un Pays où existent les possibilités pour tous d'une vie authentique, de développement, de véritable progrès, pour que tous puissent avoir un avenir dans la paix, sans violence, sans inimitié, dans la réconciliation.

Déposer la violence et la vengeance

En ce jour du Sacré-Cœur de Jésus, au nom de l'Église, au nom de Christ Jésus, pas au nom de ce pauvre homme que je suis, je dis à tous que nous devons nous convertir.

Nous devons changer nos cœurs, nous devons nous réconcilier, nous devons parler, nous devons nous préparer, étudier, posséder la force de la parole. Sans violence, chers amis, sans effusion de sang. Qu'on ne doive jamais parler de mort, de sang versé, d'affrontements entre police et paysans, qui sont - les uns et les autres - des pauvres.

Nous devons aimer tout le monde : les paysans que j'aime et que je connais, les sans-terre de Tacuatí avec lesquels j'ai parlé, qui m'aiment et que j'ai l'honneur de défendre, et les policiers qui eux aussi dans leur majorité sont des fils de pauvres, mal payés et qui doivent souvent mourir pour défendre des intérêts qui ne sont pas les leurs.

Pour cela, réconciliation, paix, pardon. Que cette réconciliation commence dans nos cœurs et dans nos familles. Nous devons savoir demander et offrir le pardon. La haine ne crée rien, la vengeance ne crée rien.

Il ne faut jamais oublier que Christ Jésus, notre Sauveur, est l'agneau immolé qui n'a tué personne. Il est mort, il a donné sa vie, et nous devons faire de même.

Tout ce que je peux faire je le fais. Je me sens heureux ; pour moi, le don le plus grand que Dieu puisse m'accorder est celui de pouvoir mourir pour cette belle ville d'Ypacaraí, pour ce Pays que j'aime tellement.

(Traduction de l'italien par Franco Paladini)



04/07/2012