Profils missionnaires et spirituels 

 

BÉATIFICATION DE BABA SIMON


La phase diocésaine du procès achevée



La première étape du procès de béatification du Serviteur de Dieu,
Baba Simon, décédé le 13 août 1975, est terminée. Cette étape a connu plusieurs phases.

Baba SimonAu niveau diocésain, les travaux ont commencé en 1995, vingt ans après sa mort, à l'initiative de l'Évêque du diocèse de Maroua, Mgr Philippe Stevens. Après cinq ans d'enquêtes préliminaires pendant lesquelles ont été collectés plusieurs témoignages, Rome a donné son avis favorable (nihil obstat) pour l'ouverture officielle de la cause de Baba Simon.

En 2000, il a été créé un tribunal ad hoc qui a vérifié, pendant trois ans, toutes les preuves recueillies dans un dossier de plus de mille pages et qui a été transmis à la Congrégation romaine pour les Causes des Saints. Celle-ci a demandé un supplément d'enquête, y compris une étude attentive des écrits de Baba Simon, faite par des théologiens, la création d'une commission d'experts en histoire et archivistique, afin de vérifier la fiabilité des documents du dossier.

Cette phase supplémentaire s'est achevée en 2007. Entretemps, les normes du droit canonique fixant les règles pour mener les enquêtes diocésaines dans le procès de béatification ont été redéfinies sur la base du décret de la Congrégation pour les Causes des Saints Sanctorum Mater, du 17 mai 2007. La procédure pour la cause de Baba Simon a dû donc se conformer aux nouvelles règles, ce qui a nécessité une nouvelle phase du procès diocésain. Cette troisième et dernière phase dans le diocèse de Maroua-Mokolo a été achevée à la fin du mois de mai 2012.

Maintenant, il incombe à la Congrégation pour les Causes des Saints de s'occuper du dossier de béatification de Baba Simon. Il lui revient en l'occurrence de vérifier la canonicité du dossier et d'étudier le fond de la cause. Pour cela, un rapporteur va rédiger, à partir des documents du dossier, la Positio, c'est-à-dire une sorte de plaidoyer pour démontrer les vertus héroïques du candidat à la béatification.

La Positio sera étudiée par les consulteurs de la Congrégation qui donneront leur avis, avant de soumettre la cause au jugement des Évêques et des Cardinaux de la Congrégation romaine. L'avis favorable de ceux-ci permettra de transmettre la cause au Saint-Père, à qui revient la décision finale. Si le Saint-Père porte le décret sur les vertus héroïques du Serviteur de Dieu, on pourra parler du "Vénérable Simon Baba".

Cependant, pour proclamer sa béatification, un "signe" du ciel est requis, notamment la reconnaissance d'un miracle attribué à l'intercession du Vénérable après sa mort et vérifié par un procès tout aussi rigoureux.

Il faudra ensuite un deuxième miracle survenu après la béatification, pour que le bienheureux puisse être canonisé, c'est-à-dire déclaré "Saint".

Mpeke, dit Baba Simon, est né en 1906, à Batombé (Edéa) au Cameroun; il est baptisé en 1918 par les Pères Spiritains français, et Simon est son nom de baptême. Après avoir pratiqué pendant plusieurs années et avec un engagement sérieux la profession d'instituteur dans les écoles, il choisit de devenir prêtre; il rompt ses fiançailles avec la jeune fille qui lui avait été promise et commence l'étude du latin, pour entrer en 1924 au Petit Séminaire de Yaoundé.

Le 8 décembre 1935, il est dans le groupe des huit premiers Camerounais à être ordonnés prêtres.

Doué d'un esprit contemplatif, il avait initialement formulé, avec quelques confrères, un projet de création d'une congrégation qui serait à la fois apostolique et contemplative. Il exerça pour un temps la fonction de vicaire paroissial, laissant l'empreinte d'un prêtre zélé et capable de se donner sans réserve et en prenant des positions fortes contre les pratiques des religions traditionnelles. Ensuite, il est nommé curé de la grande paroisse de Douala New Bell qui connaîtra un développement sans précédent.

En 1953, Simon Mpeke devient membre de l'Institut séculier des Frères de Jésus et fera son noviciat en Algérie.

Il sera l'un des fondateurs, au niveau international, de l'Union sacerdotale Jésus Caritas dont il sera le premier responsable au Cameroun.

 En 1954, il ressent un appel spécial à contribuer à l'évangélisation de la population Kirdi au nord du Cameroun. En 1959, il est le premier prêtre séculier, missionnaire dans son pays; il s'installe à Tokombéré, dans le diocèse de Maroua-Mokolo, vivant dans une grande pauvreté et déployant ses efforts pour lutter contre la misère, grande "ennemie" de l'homme, dans une vie de charité, d'évangélisation et de prière intense.

Son activité d'évangélisation s'est réalisée dans les écoles, les centres de santé, l'engagement contre l'injustice, l'accompagnement des jeunes et un appel à la fraternité universelle. Le "missionnaire aux pieds nus", comme on l'appelle, sera l'auteur d'une véritable promotion des populations Kirdi pour lesquelles il deviendra "Baba" Simon (Papa Simon).

Selon le vice-postulateur de sa cause, le Père Grégoire Cador, le procès de béatification de Baba Simon est actuellement le seul cas en Afrique en instance à la Congrégation pour les Causes des Saints. Il y a d'autres causes de saints en cours en Afrique, mais aucune n'a dépassé la phase diocésaine.

Silvia Recchi



13/08/2012