Vie de la paroisse d'Obeck-Mbalmayo









ce sont des africains qui ont ÉVANGÉLISÉ Des
africains/2

Catéchèse et transmission de la foi



Dans l’engagement pour la nouvelle évangélisation, de discernement évangélique face à la tradition et à la modernité, le catéchiste est appelé au courage de la vérité, en allant aussi à contrecourant de la mentalité ambiante. Il est appelé à éduquer, notamment les jeunes, à la responsabilité et à former les consciences à la lumière de l’Évangile.




Une catéchèse de la responsabilité

 Le catéchiste doit savoir interpeller avec authenticité les parents, quand ils ne collaborent pas à l’éducation humaine et religieuse des enfants, bien qu’ils en aient pris l’engagement, en les présentant au baptême.

On constate souvent, en effet, dans ces contextes de pauvreté, que la famille n’encourage pas les enfants et les adolescents à fréquenter régulièrement la catéchèse, quand ils sont libres de l’école, en donnant plutôt la priorité aux travaux champêtres et ménagers. Les parents souvent ne pratiquent pas non plus leur foi et les sacrements que leurs enfants se préparent à recevoir.

Plus en général, il y a le risque que le travail de formation fait par le catéchiste dans un espace de temps très limité dans la vie de l’enfant soit contredit et rendu vain par le comportement de la famille, dans laquelle, au contraire, l’enfant vit toute la semaine.

Bien sûr, à la catéchèse, les enfants et les adolescents ont la possibilité de se former un jugement
différent par rapport aux situations qu’ils vivent et d’assumer, le moment venu, leurs responsabilités. De la part des formateurs, s’imposent toutefois une sensibilisation des parents et une mise en route d’une véritable catéchèse de la famille.

Éduquer à la responsabilité est une tâche qui concerne la famille, l’école et la paroisse et veut dire apprendre aux jeunes à donner leur réponse face aux problèmes que la vie leur pose et à assumer toutes les conséquences de leurs actes.

Pour apprendre à exercer leur responsabilité, les jeunes doivent développer une capacité de jugement critique, à partir de la réalité sensible qui les entoure et savoir aussi donner des jugements de valeur. Cela demande une longue formation de la conscience des jeunes[1].

Une collaboration et un échange avec l’école et d’autres institutions sont aussi à encourager, sur des thèmes de formation de la personnalité des adolescents, pour faire face ensemble à celle qui a été justement définie une "émergence éducative", c'est-à-dire l’urgence de transmettre aux nouvelles générations les valeurs de base de l’existence et du comportement correct[2].

Chaque acteur de la formation et de la catéchèse a donc sa responsabilité à exercer. Les formateurs doivent travailler dans un esprit de service, en sachant que les enfants sont un don que Dieu leur a confié et que ces derniers ne leur appartiennent pas.

Ils doivent transmettre une catéchèse de la responsabilité et de la liberté personnelle.

Ce discours de responsabilité doit traverser toute la catéchèse et interpeller les enfants, comme les  adolescents et les jeunes, selon leur âge, en adaptant les contenus et les méthodes appropriées.

Il en ressort que le catéchiste ne pourra pas se contenter d’avoir fait une rencontre, donné une leçon, mais il devra toujours se préoccuper de la réception de son discours de la part des enfants, des adolescents et des jeunes, réception qui vérifie en définitive la validité de la transmission de son message. Il doit considérer la différence des personnes, de leur niveau de compréhension et, face à leurs difficultés, relancer avec créativité une formation plus adéquate.

Des orientations concrètes

Un chantier vaste et passionnant a été donc ouvert pour une catéchèse qui ne soit pas seulement mémorisation de formules, mais une catéchèse intégrale et organique, dont le concept devient coextensif de celui de la transmission de la foi.

Dans la vie de la paroisse, la catéchèse assume ainsi un rôle central, marquée par le fait aussi qu’elle s’enracine toujours davantage dans la vie liturgique et elle est ouverte à la dimension de la charité. La catéchèse peut devenir ainsi une authentique initiation à la foi professée, pensée, célébrée, vécue et priée[3].

Comme l’affirmait encore Benoît XVI, la nouvelle évangélisation "doit intégrer la dimension intellectuelle de la foi dans l’expérience vive de la rencontre avec Jésus Christ, présent et agissant dans la communauté ecclésiale"[4].

 L’équipe des catéchistes d’Obeck avec leur curé ont voulu tirer d’autres conséquences concrètes à partir de ces réflexions. La catéchèse de la paroisse a été ainsi restructurée, en créant des classes de catéchèse de formation liturgique et biblique pour les enfants qui ont déjà reçu la première communion. Cela permettra de mieux accompagner et former par une catéchèse plus systématique les enfants et les adolescents qui s’engagent dans l’animation liturgique : servants de messe, lecteurs, choristes, service d’accueil.

Les jeunes aussi qui ont reçu déjà la confirmation auront la possibilité d’un accompagnement pour l’approfondissement de leur foi et pour continuer un engagement caritatif et d’animation des autres jeunes.

La fin ultime du travail du catéchiste sera d’accompagner l’autre à l’écoute de Dieu qui lui parle, de lui faire comprendre sa vocation à l’Amour et de le mettre en condition de donner une réponse, dans sa liberté.

Après avoir fait ce travail, avec la patience du semeur, le catéchiste doit savoir "dormir tranquille", confiant en Dieu, en attendant que la semence jetée en terre puisse mûrir et donner son fruit en son temps.

Antonietta Cipollini


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[1] Cf. Catéchisme de l’Église Catholique, n.  1783. Cf. E. Grasso, El arte de educar, crisis y retos de la educación en una época de cambio, Centro de Estudios Redemptor hominis (Cuadernos de Pastoral 24), San Lorenzo 2009, 33-35.

[2] Cf. XIII Assemblée générale ordinaire du Synode des Évêques. Instrumentum laboris, Cité du Vatican 2012, n. 149ss.

[3] Cf. XIII Assemblée générale ordinaire du Synode des Évêques. Instrumentum laboris…, n. 100.

[4] Cf. Benoît XVI Exhortation apostolique post-synodale, Africae munus (19 novembre 2012), n. 165, in www.vatican.va


24/11/2013